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Pierre de Coninck - FIA |
Je voulais vous remercier pour cette idée, vraiment très bien réalisée, qui permet à tous ceux qui ont suivi le sport automobile durant ces années de s'y replonger et aux plus jeunes d'avoir un beau témoignage sur cette période.
Je vous avais écrit l'année dernère par l'intermédiaire du site Alpine pour vous raconter un souvenir précis d'un moment que j'avais pu passer avec Denis Dayan, François Cevert et Patrick Depailler avant l'épreuve de Formule 3 de Rouen en juillet 1967. J'avais 14 ans à l'époque et j'en garde un souvenir très fort car ils se sont tous les trois tués en course par la suite. Si vous n'avez pas reçu ce message je peux vous le renvoyer.
J'ai assisté à toutes les courses de Denis Dayan à Montlhéry depuis les Coupes du Salon 1965 jusqu'à sa dernière épreuve en F3 sur ce circuit en mai 1970 et de voir des images de ces épreuves sur votre site a été pour moi un vrai régal.
Denis Dayan était un fighter et en plus il avait la classe, vous avez raison d'être fier de lui !
J'espère que vous pourrez contacter les revues telles que La Vie de l'Auto, Rétroviseur, Auto Rétro pour faire connaitre votre site car je suis sûr que de nombreux lecteurs, de tous âges, seront très interessés par les documents que vous présentez. Personnellement, je trouve les photos de ses courses en motos et celle de l'opération Ford Jeunesse absolument superbes. Celles prises à Rouen, avant le départ de cette maudite course, sont très émouvantes , ainsi que les photos de l'impact dans la courbe des six frères qui sont un témoignage très fort sur les circuits de cette époque et le courage des pilotes.
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Patrick Lewandowski |
Bonjour Bruce,
Je me présente Patrick Lewandowski fils de Alice et Léon qui ont été de 1963 à 1969 les voisins de tes grands parents à Garennes sur Eure.
Ton Papa a été ma première idole du sport auto. Que de souvenirs me reviennent en mémoire. La peinture des bandes blanches sur la Gord.. Mon Papa
garagiste à Malakoff en week end à Garennes qui règle les carbus de la Gord.. Les montées de la côte de la Couture avec ton Papa pour tester l'auto avec ton oncle le frère de Danielle dont je me rappelle plus le prénom. Monthléry avec cette Alpine poussive qui fumait l'huile de ricin. Le pas Dunlop avec Mieusset. Né en 1956 j'avais 10 à 13 ans, tu t'imagines l'idole qu'était ton Papa pour moi. Nous avions assisté avec Papa à l'accident de Jo Schlesser, nous étions au virage du nouveau monde. L'annéee d'après ton Papa quelle nouvelle terrible, je me rappelle avoir pleuré.
Cher Bruce bravo pour ton site que j'ai pu découvrir grâce à Autohebdo de cette semaine qui parle de ton Papa.
Je réside en Saône et Loire à St Bonnet de Joux à côté de Mâcon.
Si un jour tu passais par cette région ne manque pas te t'arrêter, tu seras le bienvenu.
Un salut amical à ta Maman qui doit se rappeler de nous.
Ci-joint mes coordonnées:
Patrick Lewandowski
Route de Chalon
71220 St Bonnet de Joux
Tel Trav 03.85.24.76.77
Tel Dom 03.85.24.76.79
Port: 06.71.95.91.99 |
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Yves Guittet |
Denis était mon idole, et je l’ai suivi tout au long de sa carrièrej’étais à Reims quand il a gagné en Gordini, j’ai assisté à ses débuts en monoplace aux essais de l’Elina de Formule France de Beltoise à Monthlèry à la Grac, partout sur des circuits qui n’existe plus Cognac, Dax, ….
J’ai grandi avec lui, avec ta maman Danielle qui était la plus belle de tout le padock des fois en compagnie de Joël Auvray. Pourtant le 4 juillet 1970, je suis né un 4 juillet, je n’étais pas à Rouen mais aux antilles pour mon service militaire et je n’ai pas vu partir pas plus que Jean-Luc Salomon qui était aussi mon ami et qui tous les deux devaint débuter en F1 la semaine d’après en GB.
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Christian Courtel Auteur de : "Formule Renault : De la Formule France au Turbo" |
Pour ne rien vous cacher, Denis Dayan a été un des tous premiers pilotes pour lequel j'ai "flashé". Je l'avais découvert lors de l'Opération Ford Jeunesse, puis je l'avais vu "pour de vrai" pour la première fois à Montlhéry lors du GP de Paris 1966 où il avait gagné la course de la Coupe R8 Gordini. Du coup j'allais prendre la Gorde à flammes blanches en sympathie. Puis je l'ai suivi plus assidument en
F3 en 67 avec la "vieille" Alpine de l'écurie Normandie. Devenu un habitué des circuits en 68 j'étais encore aux premières loges quand il a démarré l'aventure de la Formule France, difficilement en 68, et triomphalement en 69.
J'en garde le souvenir d'un homme éminemment sympa, sans détour dont le visage était généralement barré d'un sourire éclatant. Un champion, mais surtout un mec bien.
Denis Dayan, figurait au nombre de mes idoles en compagnie de Clark, de Beltoise et Larrousse a toujours une place privilégiée.
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Jean Donnay |
Je m'étais engagé dans le championnat de Formule France 1969, avec une Pygmée rachetée à André Klein (lui aussi disparu, lors d'une course de côte quelques mois après que je lui eu racheté son auto). Ma Pygmée n'a jamais voulu que je termine une course de la 1ère moitié du championnat, laquelle était qualificative pour la 2è partie...
Quelques mois plus tard, près une séance d'essais libres sous une pluie bien nourrie à Magny Cours, à la fin de l'été ou à l'automne 69, je dinais seul à l'Hotel de la Renaissance, repère de tous les pilotes et mécaniciens à l'époque. Denis était assis dans la salle, avec votre mère, et un enfant très jeune dans une poussette.
Je me souviens très bien avoir été surpris de voir un jeune pilote, marié et père de famille. Etre pilote et avoir fondé un foyer, dans lequel j'avais immédiatement ressenti du bonheur et de l'harmonie, était une chose vraiment surprenante pour moi, du haut de mes 21 ans. "On peut être pilote et vivre une vie familiale comme tout le monde", m'étais je dit. J'avais trouvé ça beau et même émouvant. Je ne me doutais pas à quel point ce bonheur était précaire, même si j'étais parfaitement conscient des "risques du métier".
Denis s'est levé et est venu vers moi, et avec une grande gentillesse et avec son charisme m'a dit : "C'est toi qui était dans la Pygmée bleu foncée ? J'étais derrière toi, tu allais sacrément bien, chapeau !". Un beau compliment de sa part qui m'a procuré un immense plaisir, et un bon boost au moral dans une passe difficile après les innombrables déboires rencontrés avec ma Pygmée .
Outre ses talents de pilote, Denis avait une grande ouverture d'esprit, une gentillesse naturelle et beaucoup de charisme.
Ce terrible dimanche, j'étais en Angleterre, écoutant sur l'autoradio de ma Simca 1000 les résultats de la course sur Europe 1 ou France Inter.
Et vers 19h, après avoir longtemps patienté et au milieu des parasites, j'apprend que Jean-Luc Salomon n'était plus là, que Bob Wollek était à l'hopital après s'être envolé dans la forêt, et que Denis était dans un état désespéré. Jamais je n'oublierai ce dimanche, j'étais complètement bouleversé et terriblement seul.
Quelques ligne dans L'Equipe, que je trouvais avec 24 heures de décalage, me permettaient seules de me tenir au courant, et c'est de cette façon que j'ai suivi le dernier combat de Denis.
J'ai de temps en temps l'occasion de passer à côté du circuit, comme c'était le cas hier soir. Il ne reste presque plus rien du circuit, sinon le circuit lui-même. Je me suis arrété dans le virage des Six Frères, là où reste encore le macadam de la chicane. Il faisait encore jour et il crachinait, un peu de brume flottait au dessus des arbres de la forêt. Je suis resté là un moment, à revivre mes souvenirs, à penser à Denis, regardant cette descente à la fois terrifiante et totalement fascinante. C'est vrai qu'elle impressionnait tous ceux qui ont tourné à Rouen. Mais elle avait bien quelque chose de fascinant, on se sentait littéralement aspiré par elle, impossible de lui résister. Le plaisir ou le vertige que l'on ressentait était plus fort que tout, et c'est bien pour ça qu'on y était.
Le plus dur à admettre pour Denis, outre bien entendu l'ouverture insensée dans le rail, et l'écartement des deux rangées, c'est qu'il a été trahi par la machine, quelle qu'en soit l'origine, et qu'il n'a absolument rien pu faire pour essayer de s'en sortir. Il était un passager prisonnier et otage, auquel le destin n'a laissé aucune chance.
Merci pour votre site et pour ce bel hommage à Denis. |
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